Protéger les liens familiaux après la séparation

Le Parental Alienation Study Group (PASG) organise sa 4° conférence internationale au Parlement Européen les 9 et 10 septembre. La conférence aura pour thème la prévention. Les interventions porteront sur la protection des liens familiaux après séparation des parents.

La conférence n’est pas centrée directement sur les droits de l’enfant mais plusieurs interventions les mentionneront. Assister à cette conférence est donc une occasion d’avoir un autre éclairage sur ce qui se joue dans les familles après la séparation.

Préserver les liens avec chaque parent est en effet un gage de bien-être dans la plupart des configurations familiales. Un récent consensus de scientifiques a montré l’importance de laisser assez de temps à l’enfant pour maintenir ses liens avec chaque parent. Plusieurs pays ont modifié leurs lois en ce sens.

Comment les conférences vont-elles aborder cette question ?

Le programme de cette conférence du PASG est riche, avec des interventions de spécialistes de plusieurs pays. Retenons trois francophones, quand bien même toutes seront traduites en plusieurs langues.

Les répercussions à long terme des liens d’attachement

Gérard Ostermann interrogera le maintien des liens familiaux après séparation et se demandant si celui-ci est garanti. En consultant son site internet, on constate qu’il devrait parler des répercussions sur l’âge adulte. Pour lui, « la théorie de l’attachement propose un nouveau modèle biopsychosocial qui intègre l’attachement au sein de plusieurs facteurs à l’origine des représentations de l’individu, de ses relations à soi, à l’autre et à l’environnement, dans une dimension interactionnelle. »

C’est donc bien une approche complémentaire de celle que nous avons portée jusqu’ici qui pourrait être proposée.

Le droit à la parole de l’enfant

Marc Juston est un juge à la retraite, il parlera vraisemblablement à partir de son expérience. Sur son site internet, il définit le concept d’aliénation parentale. Il interroge aussi les pratiques de la justice, se demandant si, trop souvent, elles n’encouragent pas la rupture des liens familiaux.

Il montre que le vocabulaire même de la procédure conduit au conflit. Les parents sont, en effet, cités dans le langage du tribunal comme « les parties adverses », « les adversaires », etc. Ces points de vocabulaire importants rejoignent ce que nous notons sur la notion d’autorité parentale ou de droit de visite.

Il regrette que dans la justice familiale, les juges prennent des décisions ou l’aléa est trop souvent la règle. Ce qui est d’autant plus préoccupant que cela concerne la vie de l’enfant. Ici encore, ce constat rejoint celui que nous avons fait, avec Caroline Siffrein-Blanc, à partir de l’étude de la jurisprudence des cours d’appel.

Regrettons cependant que, comme beaucoup, Marc Juston interroge les conditions de mise en place de la résidence alternée sans faire de même pour la résidence exclusive, souvent chez la mère. Encore une fois, c’est un peu comme si la résidence alternée était une option qui devrait être justifiée alors que la formule classique de la garde par la mère irait de soi. C’est une vision bien conservatrice, même involontairement, du rôle des hommes et des femmes dans la famille.

La Conférence sera conclue par la juge Marie-France Carlier qui était intervenue lors des premières journées d’étude du CIRPA-France. Elle exposera ses pratiques inspirées du modèle de Cochem.

La conférence s’annonce intéressante. Pour s’inscrire, c’est ici !