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Soutenir les droits des enfants et des jeunes en Ukraine

Un comité d’ONG internationales du Conseil de l’Europe appelle à soutenir les droits des enfants et des jeunes en Ukraine. Ceux qui sont en migration ont abandonné leurs proches, en particulier leur père, qui participent à la défense de leur pays contre l’invasion russe. Ceux qui sont restés sur place vivent des jours dramatiques, sous les bombardements. Ces ONG soutiennent les positions européennes et alertent sur les besoins spécifiques de ces enfants et de ces jeunes en migration.

Dans cet article, nous publions la déclaration en français du Comité de la Société Civile sur les Droits de l’Enfant de la Conférence des ONG internationales du Conseil de l’Europe. Les déclarations d’autres comités sont accessibles sur le site de la Conférence. Nous expliquons aussi la structuration de ce comité.

Porter la voix de la société civile

La Conférence des ONG internationales (CINGO) du Conseil de l’Europe (CdE) regroupe des ONG des 47 États membres. Elles ont obtenu un statut participatif du CdE. Cette conférence CINGO porte la voix de la société civile. A cette fin, elle est organisée en comités chargés des travaux de fond sur des questions particulières.

Le Comité de la Société Civile sur les Droits de l’Enfant (CSC-DE) regroupe des délégué.e.s de 8 ONG internationales. Il est présidé par Michel Grangeat (EUROCEF), avec Ruth Allen (IFSW), Katerina Melissari (Hope for Children), et Julien Khayat (EUROCEF). Son but premier est de promouvoir l’application des droits de l’enfant dans les lois, politiques et pratiques nationales, conformément aux normes et bonnes pratiques internationales et européennes.

Le Comité de la Société Civile sur les Droits de l’Enfant (CSC-DE) participe à plusieurs instances du Conseil de l’Europe. Ses délégué.e.s contribuent aux travaux du CDENF sur la nouvelle Stratégie pour les droits de l’enfant (2022-2027) qui guidera le travail du Conseil de l’Europe au cours des six prochaines années. Il promeut la l’importance de maintenir la question de la participation des enfants en bonne place dans les programmes gouvernementaux, et de qualifier les professionnels concernés pour mettre en œuvre tout objectif politique à cet égard.

Michel Grangeat, en tant que délégué de la CINGO, est actif dans les travaux du groupe d’experts sur les droits et l’intérêt supérieur de l’enfant dans le cadre des procédures de séparation des parents ou de placement (CJ/ENF-ISE). Le comité CSC-DE a également des déléguées dans les comités chargés de la protection des droits des enfants réfugiés et migrants et de la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (comité Lanzarote).

La déclaration du comité CSC-DE s’inscrit dans la suite de la lettre ouverte du Président de la Conférence des OING sur la guerre contre l’Ukraine. Dans cette lettre, Gerhard Ermischer déclare que nous sommes solidaires avec le peuple ukrainien, ainsi qu’avec les peuples de Russie et du Bélarus qui protestent contre une guerre injuste, risquant leur liberté, leur santé et leur vie en défendant les valeurs du Conseil de l’Europe.

Voici la déclaration. Elle met l’accent sur le nécessaire soutien psychologique à apporter aux personnes migrant depuis l’Ukraine dans ce contexte de guerre intense.

Soutien aux enfants vivant en Ukraine ou migrant depuis ce pays

Le Comité de la société civile sur les droits de l’enfant (CSC-DE) de la Conférence des OING souhaite renforcer la conscience collective des personnes et des institutions du Conseil de l’Europe et de ses États membres quant aux conditions de vie dramatiques des enfants ukrainiens : ceux qui vivent encore en Ukraine et ceux qui sont en migration.

L’actuelle migration ukrainienne est spécifique par rapport aux précédentes en Europe, car les hommes – et donc souvent les pères – sont, en grande partie, restés sur place, pour combattre et défendre leur pays ou pour soutenir le maintien de la société civile. En outre, de nombreux frères, sœurs, oncles ou tantes et autres parents proches sont encore sur le champ de bataille. Beaucoup de ceux qui restent ne sont pas en mesure de partir en raison de leur propre vulnérabilité, de leur handicap ou de leur âge. Le déchirement des réseaux de vie familiale et sociale va inévitablement traumatiser les enfants et leurs parents, tout comme les volontaires et les professionnels qui s’en occupent.

Le sort des enfants qui vivent encore en Ukraine est pire, s’il y a une échelle en termes de terreur. Nous ne pouvons qu’imaginer l’énorme anxiété de ces enfants et de leurs proches ainsi que leur besoin d’une aide humanitaire immédiate et d’un soutien à long terme, lorsque le retour à une vie normale sera possible.

Les OING représentées au sein du Comité de la société civile sur les droits de l’enfant (CSC-DE) soutiennent les déclarations et les actions des institutions du Conseil de l’Europe, de l’Union européenne et des Nations Unies.

Appel au renforcement de l’action

En s’appuyant sur leurs compétences, ces ONG internationales appellent à agir pour :

La protection de la vie et du bien-être des enfants, notamment en aidant tous les enfants et les parents à trouver la sécurité dans le pays où ils souhaitent vivre, et en reconnaissant les besoins spécifiques de protection et de soutien des différents groupes d’enfants (en fonction du sexe, de l’état de santé, du handicap et de l’âge), et notamment des enfants non accompagnés ;

L’évaluation et le soutien psychologiques pour les enfants et adultes les plus traumatisés ou en détresse, peut-être en raison de l’exacerbation d’un état mental ou psychologique préexistant ou d’un traumatisme extrême ;

Le soutien, le conseil et les services sociaux pour les réfugiés qui ont le moins de ressources, y compris ceux issus de communautés marginalisées et discriminées, comme les Roms ;

Le renforcement des organisations et des réseaux existants, déjà implantés sur le terrain et en activité depuis des années, en augmentant leur financement, en facilitant le recrutement de professionnels formés et en améliorant la guidance et la coordination entre les différents agents ;

L’assurance que le financement est acheminé par l’intermédiaire de fournisseurs respectant les meilleures pratiques, y compris les ONG concernées, et que l’inclusion, la non-discrimination et l’accent mis sur la protection efficace des enfants (et des adultes) sont des conditions de financement ;

La protection des droits de tous les défenseurs des droits de l’homme et des enfants, y compris les enfants défenseurs de ces droits, qui exercent leur droit à la liberté de réunion pacifique, d’association et d’expression dans tous les pays concernés.